Le Grand Requin Blanc est bien plus qu’un simple habitant de l’océan : c’est un symbole de la beauté et de la majesté que recèlent nos mers. Préparez-vous à être émerveillé. Nous allons explorer ensemble l’univers fascinant de ce géant océanique.
Le Requin Blanc est connu du grand public pour avoir été le sujet du best-seller Les Dents de la mer de Peter Benchley et de son adaptation cinématographique par Steven Spielberg. Malheureusement, ces oeuvres de fictions ont été très néfaste pour ce requin qui souffre désormais d’un délit de sale gueule illégitime qui le met en danger.
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Le Grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est une espèce de requins de la famille des Lamnidae et de l’ordre des Lamniformes. Il est un représentant du genre Carcharodon.
Avec une taille maximale supérieure à 6 m de long (on suppose qu’il peut atteindre une taille encore supérieure), c’est l’un des plus grands poissons prédateurs vivant actuellement dans les océans. L’Orque est en effet son unique prédatrice documentée à l’âge adulte.
À approximativement 26 ans, âge de sa maturité sexuelle, il mesure 3,50 à 4,10 m. Les femelles sont matures plus tard, à environ 33 ans et mesurent alors 4 à 6 m. Les grands requins blancs en mer Méditerranée sont plus massifs que leurs cousins océaniques.
Son espérance de vie est évaluée à plus de 70 ans.
La masse du Grand requin blanc mâle varie entre 680 et 2 000 kg. Celui de la femelle est compris entre 1 000 et 1 900 kg.
Il a le dos gris et le ventre blanc d’où son nom. Ses dents sont plates, triangulaires et dentelées, d’une longueur d’environ 5 cm chez un individu adulte. Il dispose d’une queue homocerque (rapport élevé entre hauteur et longueur), qui lui fournit l’essentiel de sa capacité de propulsion.
Caractéristiques physiques

Les sens aiguisés du requin blanc
Le Grand requin blanc possède une ouïe et un odorat très sensibles.
De plus, sous le museau, des récepteurs sensibles aux champs magnétiques lui permettent de détecter bruits et vibrations de basses fréquences à plusieurs centaines de mètres. Ce sont les ampoules de Lorenzini.
Il faut également savoir que le grand expert du Grand requin blanc, Andre Hartmann (le premier homme à nager et toucher le grand prédateur hors d’une cage) a découvert qu’en touchant ces ampoules, le requin devient quasiment inoffensif et se laisse dériver pendant quelques secondes le ventre à la surface.
Sa vue de près reste néanmoins mauvaise, et c’est pourquoi dans certains cas une proie très proche de lui peut lui échapper. Il peut aussi se tromper et attaquer des choses qui n’étaient pas au menu. C’est ce qui peut parfois arriver avec l’homme. Notamment avec des surfeurs ou des nageurs qui se débattent en surface comme pourrait le faire une proie blessée.
En revanche, sa vue de loin est excellente et d’une très grande précision. Il fait partie des rares espèces de poissons capable d’utiliser sa vue à l’air libre : des Grands requins blancs vivant à proximité de colonies de phoques ont ainsi été vus avec la tête émergée de façon à observer les phoques réfugiés sur des rochers.
Habitat du grand requin blanc


L’habitat du Grand requin blanc est principalement côtier dans les eaux tempérées, mais il a aussi été observé en zones épipélagiques dans l’océan. Il possède une faculté d’adaptation aux températures très importantes. Il peut réguler la température de son corps jusqu’à 20 °C au-dessus de la température ambiante, ce qui explique sa présence dans des eaux parfois relativement froides.
Espèce cosmopolite, on trouve le Grand requin blanc dans toutes les mers tempérées du globe et parfois même dans les mers tropicales, suivant probablement les migrations des baleines qui viennent y mettre bas. Il est particulièrement présent en Australie, en Afrique du Sud, en Californie ainsi que dans les Caraïbes.
Le Grand requin blanc est également présent dans l’océan Pacifique, notamment au large des côtes hawaiiennes, du Japon aux Philippines, de la Nouvelle-Calédonie à la Nouvelle-Zélande. Il a même été observé au large des côtes d’Alaska.
Il serait devenu rare en mer Méditerranée, conséquence directe de la pêche et de l’intensification du trafic commercial entre l’Europe et l’Afrique du Nord dont la pollution engendrée perturbait son habitat.
Il se déplace le plus souvent seul ou en couple, mais jamais en colonie. S’il arrive d’observer un même spécimen plusieurs années de suite dans les mêmes eaux, la territorialité n’a jamais pu être démontrée.
En revanche, il semblerait que les animaux les plus grands effectuent parfois de très longs trajets. En 2005, un Grand requin blanc femelle, qui a été doté d’un capteur de localisation, a traversé, aller-retour, l’océan Indien, du Cap (Afrique du Sud) jusqu’aux côtes méridionales d’Australie. Soit un périple de près de 10 000 km en moins de neuf mois.
Les raisons de telles traversées demeurent encore très mystérieuses, car il n’y a pas de lien avec la migration des grands cétacés.
Adaptation & Comportement
À la différence de presque tous les poissons, cette espèce est gigantotherme (c’est-à-dire qu’elle conserve une température corporelle chaude), ce qui implique de manger plus et/ou économiser son énergie.
Les requins doivent toujours se mouvoir pour alimenter leurs branchies. Les chercheurs ont noté que ces animaux plongent souvent, mais en planant, c’est-à-dire sans faire d’efforts. Une hypothèse est que ce comportement lui permet de respirer en consommant aussi peu d’énergie que possible, pour ensuite mieux chasser en surface des animaux rapides et agiles tels que phoques ou gros poissons.
Comme de nombreux autres requins, le grand requin profite de l’ombre inversée. Il s’agit d’un camouflage passif grâce à la pigmentation plus foncée sur la face dorsale de l’animal que la face ventrale. Cette adaptation lui permet d’imiter l’obscurité des fonds marins quand on le voit du dessus et inversement quand on le voit de dessous.
Reproduction
Son cycle de reproduction n’est pas bien connu. On estime que le mâle atteint sa maturité sexuelle à 26 ans et la femelle à 33 ans.
Il est ovovivipare : les œufs se développent et éclosent dans l’utérus de la femelle, avec cannibalisme utérin (comme les autres lamnidés).
Le temps de gestation n’est pas encore connu, car jusqu’à maintenant il n’a encore jamais été observé un accouplement de Grand requin blanc. Il est estimé entre 12 et 18 mois.
Les jeunes Grands requins blancs, à la naissance, mesurent entre 1,09 et 1,60 m et sont déjà des prédateurs capables de survivre.

Alimentation
Il se nourrit de poissons de grande taille (comme le thon, l’espadon ou le tarpon), de calmars, de tortues marines, de phoques et de dauphins. Les jeunes se nourrissent exclusivement de poissons.
D’après l’analyse d’émetteurs placés dans leurs estomacs, les Grands requins blancs prennent un repas en moyenne tous les trois jours, d’une masse qui avoisine 3 % de leur masse corporelle. Quand les proies sont rares, ils peuvent attendre plusieurs semaines avant de s’alimenter.
On a observé également des attaques de Grands requins blancs sur des Baleines, mais, pour qu’ils s’attaquent à un cétacé de cette taille, ils doivent être dans un état de famine assez avancé.
La couleur du dos de l’animal varie du gris-noir (Afrique du Sud, Australie, Californie) au marron clair pour la Méditerranée, où l’on a observé un comportement alimentaire différent, peut-être une adaptation au milieu méditerranéen : des chasses de thons, de marlins, un comportement plus opportuniste et tourné vers les grands poissons plutôt que les mammifères marins devenus rares dans cette région (raréfaction du Phoque moine).
À noter que les Grands requins blancs de la région du Cap ont adopté une technique de chasse unique en son genre. Pour surprendre une otarie, le requin se met à l’affût près du fond et, après avoir repéré une proie qui s’agite en surface, s’élance comme une torpille (sa vitesse est telle qu’il bondit hors de l’eau) pour la percuter, gueule grande ouverte, et la happer en retombant. Les scientifiques ont désigné cette forme d’attaque auparavant méconnue sous le nom anglais de breaching, ce qui veut dire « créer une brèche ».
Le Requin Blanc et l'Homme
Le comportement du Grand requin blanc est rarement agressif ou hostile : de nombreux plongeurs ont nagé avec les Grands requins blancs sans que ceux-ci manifestent une quelconque hostilité envers eux. Sa nature réputée dangereuse est donc contestée et discutée.
Les rares cas d’attaque sur l’homme sont plus considérés comme des « accidents », en majorité sur des surfeurs ou véliplanchistes, une forme ovoïde battant des « nageoires » à la surface et rappelant à ce prédateur sa proie favorite.
Son attaque se décompose en plusieurs phases : d’abord le « coup de dents » qui va saigner la proie, le Grand requin blanc n’avalant pas des quartiers de viande d’une grosse proie du premier coup. Puis, lorsque la proie est inerte, commence alors l’alimentation à proprement parler. Les attaques contre l’homme se terminent dans la majorité des cas après le coup de dents. En effet, lors de la morsure, des récepteurs situés dans la gueule « goûtent » la proie, ce qui permet au requin de savoir si celle-ci est suffisamment riche en graisse. L’homme n’apporte pas assez de graisse pour le requin ; le squale ne reconnaissant pas le goût de sa proie l’abandonne, et les rares cas mortels résultent de l’hémorragie (artère ou membre sectionnés). Il est évident que la pression exercée par la mâchoire et les dents coupantes comme des lames de rasoir laissent un résultat impressionnant, souvent désastreux, sur un corps humain.
Bilan
En somme, le requin blanc est bien plus qu’une simple créature marine. Sa présence est non seulement un spectacle à couper le souffle pour les chanceux qui croisent sa route, mais aussi un baromètre vital de la santé de nos océans.
En apprenant à connaître cette espèce fascinante, nous ne découvrons pas seulement les mystères qu’elle cache, mais nous nous rapprochons aussi d’une meilleure compréhension et d’un plus grand respect pour l’équilibre délicat de la vie marine.
Arrêtons de juger cette espèce et d’en avoir peur, des deux c’est bien l’homme qui est le plus dangereux pour l’autre.
Son histoire est intrinsèquement liée à la nôtre, et elle nous rappelle l’importance de préserver les merveilles naturelles qui subsistent encore dans nos océans.
2 Commentaires
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