Oreilles en plongée : comprendre, prévenir et soulager les problèmes d’équilibrage !

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« Tout allait bien jusqu’à 8 mètres de profondeur… puis une vive douleur a vrillé mon oreille. Pris de court, j’ai pour la énième fois tenté le geste universel du plongeur : se pincer le nez pour équilibrer. Mais rien… Un mètre de plus et c’est la douleur en flèche. Je remonte un peu, je respire, je réessaye. Encore une fois j’allais devoir renoncer à ma plongée…»

Ce scénario, on l’a tous vécu….

Plongeur débutant ou expérimenté, nous avons tous une histoire avec nos oreilles sous l’eau. Cet organe sensible est au cœur de l’expérience subaquatique. D’ailleurs, on estime que près de 80 % des incidents de plongée loisir sont liés aux oreilles – c’est dire l’importance de savoir les ménager. 

Gérer ses oreilles en plongée n’est pas une option : c’est une nécessité. Dans cet article de référence, on remet les bases de la physiologie, on explique pourquoi et comment les problèmes d’équilibration surviennent, on démonte le mythe de la “trompe coudée” et on regarde comment vraiment solutionner le problème.

Pour comprendre ce qu’il se passe dans nos oreilles en plongée, commençons par un petit détour anatomique. L’oreille humaine se divise en trois parties : l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne. 

  • L’oreille externe, c’est le pavillon (la partie visible) et le conduit auditif qui canalise les sons vers le tympan. 

 

  • Derrière le tympan se trouve l’oreille moyenne : une petite cavité remplie d’air (la caisse du tympan), reliée à l’arrière de notre nez et gorge par un fin conduit nommé trompe d’Eustache

 

  • Plus profondément, nous avons l’oreille interne, siège de l’audition (cochlée) et de l’équilibre (vestibule et canaux semi-circulaires).

La trompe d’Eustache : le cœur du système 🔑

Pour nous plongeur, l’élément le plus important de notre oreille c’est la trompe d’Eustache. Il s’agit d’un petit conduit qui relie l’oreille moyenne au nasopharynx

Son rôle : ventiler l’oreille moyenne, équilibrer les pressions et drainer les sécrétions (importance immunitaire), elle sert aussi de tampon sonore pour éviter qu’on entende trop certains bruits internes (comme notre sang qui pulse). 

Elle s’ouvre (tu comprendras mieux son rôle et ce mécanisme dans la suite de l’article) lors de la déglutition, du bâillement ou d’une manœuvre d’équilibrage.

À chaque ouverture, un petit volume d’air passe de la gorge vers l’oreille moyenne ou inversement, maintenant ainsi la pression égale des deux côtés du tympan. Sans ce mécanisme, notre oreille moyenne serait une « bulle » d’air isolée dont la pression ne pourrait s’adapter aux changements extérieurs.

Quand elle s’ouvre mal (ETD = Eustachian Tube Dysfunction), on ressent oreille bouchée, douleur, audition étouffée… et l’équilibration devient difficile.

Pourquoi j’ai mal aux oreilles en plongée (loi de Boyle, pression, tympan) 🤕

Descendons maintenant sous l’eau et voyons ce qui arrive à nos oreilles. Lors d’une plongée, la pression de l’eau augmente rapidement avec la profondeur : environ +1 bar tout les 10 m. 

Or, d’après la loi de Boyle-Mariotte, si la pression augmente, le volume d’un gaz diminue proportionnellement (à température constante)

Traduction pour l’oreille : plus on descend, plus l’air présent dans l’oreille moyenne (cette petite poche d’air derrière le tympan) se comprime et rétrécit de volume.

Que se passe-t-il alors ? Le tympan – cette fine membrane fibreuse qui fait la frontière entre oreille externe et moyenne – est littéralement aspiré vers l’intérieur par la dépression relative dans l’oreille moyenne . 

En même temps, la pression extérieure de l’eau pousse de plus en plus fort sur la membrane tympanique depuis le conduit auditif externe. 

Résultat : le tympan se courbe douloureusement vers l’intérieur, comme un tambour sur lequel on appuie. 

La douleur aux oreilles en plongée vient principalement de cette distorsion du tympan sous l’effet d’une pression inégale. Si l’on ne fait rien, la membrane risque d’atteindre son point de rupture et de perforer – accident que tout plongeur veut évidemment éviter à tout prix.

Équilibrer la pression c’est essentiel ⚖️

Heureusement, la parade existe : équilibrer la pression dans l’oreille moyenne en y faisant entrer de l’air via la trompe d’Eustache. 

Il suffit d’envoyer de l’air depuis l’arrière du nez vers l’oreille moyenne de façon contrôlée, pour regonfler l’espace et remettre le tympan en position neutre. C’est ce qu’on appelle les manœuvres d’équilibration (ou de compensation). 

En équilibrant régulièrement pendant la descente, on empêche le tympan de trop s’enfoncer et on évite la douleur. 

En pratique, dès les premiers mètres (où la variation de pression relative est la plus forte), il faut compenser très fréquemment – idéalement avant même de ressentir la moindre gêne. 

Un plongeur averti commence souvent à équilibrer dès la surface, puis toutes les fraction de mètres lors de la tête la première, bien avant que ça tire ou pique dans l’oreille.

⚠️  Avertissement : Ne laissez jamais la douleur s’installer en plongée ! Si vos oreilles commencent à faire mal pendant la descente, il est déjà tard pour compenser. Remontez de quelques décimètres jusqu’à dissiper la gêne, effectuez vos manœuvres d’équilibration, puis redescendez progressivement. Ignorer la douleur en continuant à descendre est la recette assurée d’un barotraumatisme.

Rappelons que l’équilibrage des oreilles n’a rien d’optionnel : c’est une mesure de sécurité essentielle. Même en l’absence de douleur aiguë, une pression non compensée peut causer des micro-lésions : épanchements de liquide dans l’oreille moyenne (séreuse), petites hémorragies, ou barotraumatisme plus sévère si on insiste. En plongée, il vaut mieux prévenir que guérir : l’équilibrage anticipé et en douceur est votre meilleur allié pour une descente sereine.

👉 Idée reçue 

“Mon ORL me dit que ma trompe d’Eustache est coudée, donc pour moi l’équilibration est impossible.”

Faux. La forme compte moins que la mobilité globale des structures : trompeos temporalmuscles du voile du palaismembranesinnervation. Quand tout bouge bien, l’air passe. C’est précisément le pari (et l’intérêt) d’une prise en charge globale comme l’ostéopathie crânienne (on y revient plus bas).

Anatomiquement, il est intéressant de noter que seule une minorité de personnes ont une trompe d’Eustache parfaitement rectiligne. Environ 30 % des individus ont un canal tubaire bien droit, les autres ayant une trompe plus sinueuse. Alors oui beaucoup ont des trompes tordues mais n’ont jamais eu de problème à l’équilibrage (car ce n’est pas le plus important). 

Risques : barotraumatisme, vertige... ⚠️

Que se passerait-il si, malgré tout, on négligeait d’équilibrer ou que l’on forçait sa plongée ? Outre la douleur intense, plusieurs risques guettent le plongeur qui ignore les signaux de ses oreilles.

Barotraumatisme

Le premier, nous l’avons évoqué, est le barotraumatisme de l’oreille moyenne. C’est le terme médical pour une lésion due à la pression. Le scénario classique : le tympan cède sous la pression. La membrane se déchire ou se perce, provoquant un soulagement immédiat de la pression (puisque l’eau inonde alors l’oreille moyenne). Mais cette perforation du tympan s’accompagne de vertiges, d’une perte auditive brutale et souvent de saignements. 

Même sans perforation, un barotraumatisme peut causer une inflammation et un saignement dans l’oreille moyenne (on retrouvera du sang derrière le tympan), nécessitant plusieurs jours ou semaines pour guérir.

Plus insidieux, forcer l’équilibrage trop violemment peut entraîner un barotraumatisme de l’oreille interne. Si on souffle trop fort en se bouchant le nez (Valsalva mal contrôlé), la surpression peut se propager dans l’oreille interne et endommager les structures sensibles (cochlée, vestibule). C’est rare mais grave : on parle de fistule labyrinthique ou de rupture de la fenêtre ronde, avec des symptômes comme des acouphènes intenses, vertiges persistants et une surdité partielle. Il faut alors un traitement médical d’urgence et parfois une chirurgie.

Vertige alterno-barique

Un autre phénomène classique en plongée est le vertige alterno-barique. Ce vertige bénin survient généralement à la remontée (parfois à la descente) lorsqu’il y a une différence de pression entre les deux oreilles. Si, par exemple, l’une de vos trompes d’Eustache s’ouvre moins bien que l’autre, une oreille va se vider de son air plus vite en remontant, créant un décalage de pression temporaire. 

Le cerveau reçoit des messages contradictoires… d’où un vertige soudain, accompagné parfois de nausées. Heureusement, ce vertige alterno-barique dure généralement peu de temps (quelques secondes à minutes) et disparaît dès que les pressions s’équilibrent. Il n’en reste pas moins déstabilisant. En surface ou en caisson, on le provoque parfois volontairement pour des tests, mais sous l’eau il peut surprendre. 

D’après certaines études, 10 % à 26 % des plongeurs auraient déjà ressenti un vertige alterno-barique en plongée . Bien qu’il soit sans gravité médicale directe, le danger vient de la panique qu’il peut engendrer sous l’eau : un plongeur pris de vertige pourrait paniquer et faire une remontée incontrôlée, avec risque de noyade ou d’accident de décompression. La prévention passe par un bon équilibrage préalable des deux oreilles et une remontée lente.

Si le vertige survient, il faut rester calme, s’accrocher à son binôme ou à un support le temps que ça passe, et ne pas bloquer sa respiration (règle de base en plongée de toute façon).

Faites attention

Enfin, mentionnons que des douleurs ou gênes persistantes après plongée (oreille « bouchée », audition étouffée) indiquent souvent un barotraumatisme léger de l’oreille moyenne (avec présence de liquide derrière le tympan). Il convient de suspendre les plongées jusqu’à complète récupération et de consulter un médecin si les symptômes ne régressent pas en quelques jours.

En résumé, ignorer ses oreilles n’est pas une option pour le plongeur. Nos oreilles sont à la fois robustes (elles peuvent s’adapter à des variations de pression importantes) et fragiles (un faux pas peut les abîmer durablement). Apprendre à écouter les signaux (petite gêne, impossibilité de compenser, douleur naissante) et à y réagir immédiatement est fondamental pour plonger en sécurité.

Problèmes d’oreille à la descente et à la remontée : comprendre, prévenir et réagir ↕️

En plongée, on pense souvent aux oreilles qui “coincent” en descendant, mais on oublie parfois que les remontées peuvent elles aussi provoquer des incidents. Les mécanismes sont différents, mais les conséquences peuvent être tout aussi gênantes, voire dangereuses. 

Comprendre ce qui se joue dans chaque phase permet non seulement de prévenir les problèmes, mais aussi d’adopter les bons gestes lorsque la gêne apparaît. Tout est lié à la loi de Boyle-Mariotte qui met en avant la relation entre pression et volume. 

À la descente : l’oreille sous pression

Lorsque l’on entame la descente, la pression ambiante augmente rapidement : tous les dix mètres, elle double par rapport à celle de la surface. L’air contenu dans l’oreille moyenne se comprime, ce qui pousse le tympan vers l’intérieur. Pour éviter cette déformation, il faut rétablir l’équilibre de pression de part et d’autre du tympan. C’est le rôle de la trompe d’Eustache. Si elle ne s’ouvre pas correctement, la pression continue de s’accumuler, provoquant une gêne qui peut vite se transformer en douleur aiguë.

Le problème le plus fréquent dans cette phase est le barotraumatisme de l’oreille moyenne, où la pression excessive endommage les tissus, allant parfois jusqu’à provoquer un saignement ou, dans les cas extrêmes, une déchirure du tympan. Les signes avant-coureurs sont une gêne qui augmente rapidement, une douleur en “coup d’aiguille” et une sensation d’oreille bouchée persistante. Si l’on force la descente malgré ces signaux, les lésions peuvent devenir irréversibles.

ℹ️ La meilleure prévention reste d’équilibrer très tôt, dès les premiers mètres, avant même de ressentir la moindre gêne. Mieux vaut répéter l’équilibrage petit à petit plutôt que de forcer un Valsalva douloureux.

Si la trompe d’Eustache ne s’ouvre pas, remonter légèrement pour la libérer puis redescendre doucement est souvent la meilleure solution. Certains plongeurs trouvent aussi utile de décaler légèrement leur cagoule ou de tirer doucement sur leur oreille pour faciliter le passage de l’air.

À la remontée : l’oreille en surpression

La remontée inverse complètement le phénomène. En diminuant la pression ambiante, l’air contenu dans l’oreille moyenne se dilate et cherche à s’échapper par la trompe d’Eustache. Normalement, cela se fait sans que l’on y prête attention. Mais si cette évacuation est bloquée — par exemple à cause d’une inflammation, d’un rhume, d’une congestion liée à une allergie ou simplement d’une mauvaise position de la tête — la pression interne pousse le tympan vers l’extérieur.

Cette situation peut entraîner un barotraumatisme inversé, ou “reverse block”, parfois plus douloureux que le blocage à la descente. Dans certains cas, l’air piégé ne se répartit pas de manière identique entre les deux oreilles, provoquant un vertige alterno-barique : une sensation de désorientation, parfois accompagnée de nausées, qui peut être déstabilisante sous l’eau.

ℹ️ Les signes d’alerte sont assez caractéristiques : douleur soudaine en remontée, sensation que l’oreille “gonfle” de l’intérieur, étourdissements ou perte d’équilibre. Dans ce cas, il est essentiel de s’arrêter, voire de redescendre légèrement pour relâcher la pression, avant de remonter plus lentement. Contrairement à la descente, il ne faut jamais pratiquer un Valsalva en remontée : cela risquerait d’aggraver la surpression et de blesser le tympan. Mieux vaut se concentrer sur des gestes doux comme déglutir, mastiquer ou bouger la mâchoire, tout en maintenant une montée progressive.

Gestes préventifs, erreurs fréquentes et méthodes complémentaires 💡

Au-delà des manœuvres elles-mêmes, une bonne gestion de ses oreilles en plongée passe par quelques habitudes préventives et l’évitement des erreurs classiques. Voici quelques conseils pratiques tirés de l’expérience des plongeurs et médecins hyperbares :

 

  • Vérifiez vos oreilles avant la plongée : Assurez-vous d’être en bonne santé ORL avant de plonger. Un nez bouché, une sinusite ou même une légère allergie peuvent suffire à entraver l’ouverture des trompes d’Eustache. Ne plongez pas enrhumé – c’est un adage de base, trop souvent ignoré par impatience. Si vous sentez la moindre congestion, traitez-la et reportez la plongée si ça ne suffit pas.

 

  • Descendez tranquillement, sans stress : Le stress et la précipitation peuvent contracter vos muscles et resserrer vos trompes. Adoptez une descente calme, en respirant lentement. Évitez les descentes tête en bas ultra-rapides si vous n’êtes pas à l’aise avec vos oreilles. Une descente maîtrisée vous donne le temps de compenser au fur et à mesure.

 

  • Position de la tête et du corps : De petits ajustements peuvent aider. Le fait de lever légèrement le menton en arrière peut faciliter l’ouverture des trompes (cela étire un peu les conduits). Au contraire, avoir la tête penchée en avant peut rendre l’équilibrage plus difficile. Si vous peinez à compenser, essayez de changer l’inclinaison de votre tête. Déglutir en tirant la mâchoire vers l’avant (comme une tortue qui sort la tête) aide aussi. Expérimentez ce qui marche le mieux pour vous.

 

  • Évitez les manœuvres brusques ou en force : On l’a dit, souffler trop fort lors d’un Valsalva est dangereux. De même, n’enchaînez pas frénétiquement dix Valsalva de suite si ça ne passe pas. Si une oreille refuse d’équilibrer, remontez légèrement, bougez la mâchoire, avalez, détendez-vous, puis réessayez en douceur. Parfois, attendre quelques secondes à la même profondeur en mastiquant le détendeur ou en effectuant quelques Toynbee (avalements) suffit à débloquer une trompe un peu paresseuse. Chaque oreille a son rythme : ne la brusquez pas.

 

  • Si vous plongez avec une cagoule, tirez dessus régulièrement, faites rentrer de l’eau. cela évite un effet ventouse et facilite les manoeuvres d’équilibrage.

 

  • Hydratation et forme physique : Une bonne hydratation fluidifie les muqueuses et les sécrétions, ce qui peut aider à garder les trompes dégagées. Buvez suffisamment d’eau avant la plongée. De plus, évitez le tabac qui peut irriter et enflammer les muqueuses ORL (les fumeurs ont souvent plus de difficultés à compenser à cause d’un état inflammatoire chronique des trompes). D’une manière générale, prendre soin de sa santé ORL (traiter ses allergies, bien soigner ses rhumes, etc.) vous facilitera la vie sous l’eau.

 

  • Méthodes complémentaires : Certains plongeurs utilisent des bouchons d’oreilles spécial plongée avec un petit orifice filtrant (type Docs ProPlugs) – l’efficacité varie selon les personnes, mais ils peuvent atténuer le choc de pression sur le tympan en ralentissant l’entrée d’eau dans l’oreille externe. Cela ne dispense pas de compenser, mais peut apporter du confort.

 

  • D’autres pratiquent la rééducation tubaire avec un ballonnet (technique de l’Otovent) sur conseil médical, pour entraîner l’ouverture des trompes (utile chez les personnes ayant des dysfonctionnements tubaires chroniques). Enfin, un passage chez un ORL plongeur pour un examen peut parfois révéler un petit souci anatomique corrigible (comme un septum nasal très dévié, des végétations chez l’enfant, etc.) qui, une fois traité, améliorera vos équilibrations.

🙏🏼 Point clé : En plongée, rien ne remplace l’anticipation et la douceur. Adoptez des gestes préventifs : ne plongez pas malade, commencez à compenser tôt, et respectez vos oreilles. Si ça coince, remontez un peu et prenez le temps – mieux vaut différer une plongée que d’endommager définitivement son oreille.

Idées reçues sur l’équilibrage : démêler le vrai du faux 🤔

Le monde de la plongée, comme beaucoup de disciplines, a son lot de mythes et d’idées reçues concernant les oreilles et la compensation. Passons en revue quelques croyances tenaces et voyons ce qu’il en est réellement.

On entend souvent des plongeurs accuser leur anatomie : trompe trop étroite, trop coudée, etc. En réalité, une trompe un peu sinueuse est normale pour une majorité de gens . Et même si chacun a une anatomie unique, la fonction tubaire n’est pas figée : avec de l’entraînement, on peut l’améliorer. Ce n’est pas parce que vous avez du mal au début que vos oreilles sont “mal faites” ! 

Parfois, un manque de technique, de décontraction ou une inflammation passagère expliquent les difficultés. Sauf cas pathologique avéré (dysplasie tubaire sévère, séquelles de chirurgie…), la plupart des gens peuvent compenser.  

Notre corps a une certaine plasticité : les tissus autour de la trompe (muscles, muqueuses) peuvent gagner en souplesse et en coordination. Donc non, vous n’êtes pas condamné par une trompe soit-disant “défaillante” : persévérez et consultez un spécialiste si nécessaire, mais gardez confiance en vos oreilles, vous manquez juste de mobilité crânienne.

Faux ! Si vous ressentez de la douleur en compensant, c’est que vous vous y prenez mal (trop tard ou trop fort).

La douleur est un signal d’alarme. Forcer une compensation douloureuse peut causer les blessures mentionnées plus haut. Il faut toujours chercher à compenser sans douleur. Si ça ne passe pas, on remonte.

Cela peut être frustrant de devoir interrompre une descente, mais c’est le moindre mal. Avec l’expérience, vous saurez mieux anticiper pour éviter d’en arriver là.

Pas forcément. Compenser au sec (dans l’avion, en voiture en montagne, etc.) est plus facile car la différence de pression est modérée.

En plongée, la pression augmente plus vite, et l’immersion modifie un peu la physiologie (rythme respiratoire, position horizontale…). Quelqu’un qui compense sans souci sur terre peut être surpris en plongée s’il ne compense pas assez tôt.

L’inverse est vrai aussi : certains ont du mal en surface (par ex. nez bouché le matin) mais une fois dans l’eau et bien détendus, y arrivent. En somme, ne présumez de rien : testez vos oreilles en début de chaque plongée et adaptez-vous.

C’est partiellement faux. Ce qui change avec le temps, c’est surtout que vous apprenez à mieux compenser (plus régulièrement, plus efficacement).

L’oreille elle-même ne devient pas “insensible” à la pression ; par contre, vos trompes peuvent gagner en flexibilité si vous plongez souvent, ce qui donne l’impression que c’est plus facile.

Attention, cela ne veut pas dire qu’un vieux plongeur chevronné peut ignorer la compensation ! Simplement, il la fait souvent automatiquement, parfois sans même y penser (surtout ceux qui maîtrisent la BTV). Mais le besoin d’équilibrer reste toujours présent à chaque descente, pour tous, du débutant au vétéran.

ℹ️ En démontant ces idées reçues, on retient que chacun peut progresser en équilibrage, et que la sécurité prime sur les pseudo-crédo. Vos oreilles ne connaissent que les lois de la physique, pas l’héroïsme mal placé !

Comment résoudre mes problèmes d’oreilles récurrents ? 🤔

Malgré toutes les précautions, certaines personnes continuent à rencontrer des difficultés pour équilibrer, ou gardent une sensation d’oreille bouchée chronique, voire font des barotraumatismes à répétition. 

 

Outre le suivi ORL classique, une voie complémentaire émerge dans la communauté des plongeurs : l’ostéopathie crânienne. De quoi s’agit-il ?

 

L’ostéopathie crânienne est une branche de l’ostéopathie qui se concentre sur le crâne et ses structures, incluant les os du crâne, les membranes, et bien sûr les interactions avec le reste du corps. 

 

Des tensions ou micro-désalignements au niveau crânien peuvent perturber le fonctionnement de structures comme la trompe d’Eustache. En appliquant des manipulations douces sur le crâne, la face, la mandibule, on cherche à restaurer un équilibre et une mobilité optimale des tissus.

 

Dans le cas des oreilles et de la trompe d’Eustache, un ostéopathe pourra par exemple travailler sur l’os temporal (celui qui abrite l’oreille moyenne et interne) pour libérer des tensions, sur les sutures crâniennes autour, sur l’os sphénoïde (au centre de la base du crâne, proche des trompes), ou encore sur les muscles du voile du palais et la mâchoire. 

 

Objectif : améliorer la perméabilité tubaire (c’est-à-dire la capacité de la trompe d’Eustache à s’ouvrir et se fermer correctement). Bref, on améliore votre mobilité globale et grâce à ça votre trompe d’Eustache fonctionne mieux ! 

 

En ostéopathie, on envisage le corps de manière holistique : une tension cervicale, une ancienne entorse, un déséquilibre postural peuvent, via des chaînes musculaires et fasciales, avoir des répercussions à distance, y compris sur le crâne et potentiellement sur vos oreilles.

 

Que peut espérer un plongeur en consultant un ostéopathe crânien ? Une meilleure fonction de ses trompes d’Eustache, et donc une plus grande aisance à compenser.

 

Nombre de plongeurs témoignent d’une nette amélioration après un traitement crânien : oreilles qui se débouchent, disparition d’acouphènes post-plongée, compensation plus facile… 

⚠️ Attention toutefois : l’ostéopathie crânienne n’est pas une baguette magique. Son efficacité peut varier selon les individus, et les études scientifiques sur le sujet sont encore peu nombreuses.

L’important est de la considérer comme un complément aux mesures classiques, et non comme un substitut à un avis médical ORL ou aux bonnes pratiques de plongée. Si vous avez une otite séreuse ou une anomalie anatomique, ce n’est pas l’ostéopathe qui la guérira.

Étude de Florence Houdart : protocole, résultats, limites et perspectives 🎓

En 2024, une étude pilote passionnante a été réalisée par Florence Houdart, kinésithérapeute et ostéopathe, dans le cadre de son mémoire de fin d’études. Son objectif : mesurer l’impact de manipulations crâniennes ostéopathiques sur des plongeurs ayant des troubles d’équilibration de l’oreille. Enfin une tentative d’apporter des données objectives sur ce sujet ! Regardons comment cette étude a été menée et ce qu’elle a trouvé.

🚨 Spoiler alert : elle a trouvé un truc de dingue qui va redonner de l’espoir à beaucoup de plongeurs.

Le protocole

Florence a recruté 32 plongeurs volontaires présentant tous des difficultés à compenser lors de leurs plongées. Ces participants, âgés de 17 à 60 ans, hommes & femmes, couvraient un panel varié du débutant au plongeur confirmé, reflétant bien la diversité des plongeurs . 

Chaque plongeur a d’abord passé des tests chez un ORL pour objectiver le problème : notamment une tubomanométrie (TMM), un examen qui mesure l’ouverture de la trompe d’Eustache à différentes pressions, et a rempli un questionnaire de ressenti (questionnaire ETDQ-7 évaluant les symptômes de dysfonction tubaire) ainsi qu’une échelle de douleur (EVA). 

Ensuite, chaque plongeur a bénéficié d’une séance d’ostéopathie crânienne personnalisée, réalisée par Florence. Juste après la séance, les plongeurs sont allés effectuer une plongée de contrôle afin de tester en conditions réelles s’ils arrivaient mieux à équilibrer

Dans les semaines suivant cette plongée, les tests initiaux ont été répétés (TMM de nouveau pour ceux qui l’avaient fait, questionnaire ETDQ-7 et EVA), afin de comparer les données avant / après le traitement ostéopathique .

Les résultats

Les données recueillies ont montré des améliorations significatives après la séance d’ostéopathie. En comparant les mesures avant vs. après : la tubomanométrie a révélé une ouverture de trompe plus facile, et surtout le score ETDQ-7 moyen est passé de 27 à 17 (soit une réduction des symptômes ressentis), tandis que l’échelle de douleur EVA moyenne est passée de 7,2 à 3,5 – une diminution notable de la gêne

Ces différences sont statistiquement significatives, ce qui suggère un impact positif du traitement ostéopathique . En clair, après une seule séance, les plongeurs ont en moyenne mieux équilibré, et signalé moins de douleurs et de difficultés par la suite pendant leurs plongées. 

C’est encourageant : cela tend à confirmer que les manipulations crâniennes peuvent optimiser la fonction de la trompe d’Eustache chez des plongeurs en difficulté

Limites de l’étude

Comme toute première étude exploratoire, celle-ci comporte des limitations. D’abord, l’échantillon est réduit. Ensuite, il n’y avait pas de groupe témoin (pas de comparaison avec des plongeurs n’ayant pas reçu de séance d’ostéo), ce qui fait qu’on ne peut pas exclure complètement l’effet placebo ou d’autres facteurs.

Enfin, chaque séance d’ostéopathie était personnalisée, ce qui est normal en pratique mais rend la standardisation délicate : difficile de savoir quelles techniques précises ont le plus contribué à l’amélioration.

Perspectives

Malgré ces réserves, cette étude ouvre des pistes intéressantes. Pour l’avenir, il serait souhaitable de répéter l’expérience sur un échantillon plus large, et idéalement de prévoir un groupe contrôle (par exemple, comparant avec un autre traitement ou avec un faux traitement) pour renforcer la validité scientifique . 

On pourrait aussi tester l’effet de plusieurs séances d’ostéo au lieu d’une seule, et voir si les bénéfices se maintiennent à plus long terme. 

En attendant plus de recherches, qu’est-ce que cela signifie pour vous, plongeur ? Essentiellement que, si vous êtes en difficulté avec vos oreilles, consulter un ostéopathe formé à l’approche crânienne peut valoir la peine d’un essai, en complément du suivi ORL classique. Les résultats préliminaires sont prometteurs, mais gardons à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une recette miracle universelle. Chaque plongeur est différent, et ce qui marche pour l’un ne marchera pas forcément pour l’autre.

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En conclusion : prudence, ORL et ostéo 😁

Notre voyage au cœur des oreilles du plongeur touche à sa fin. Que retenir ? 

Avant tout, que prendre soin de ses oreilles en plongée n’est pas contraignant, c’est juste indispensable. En comprenant mieux comment fonctionne votre oreille (merci la trompe d’Eustache !), vous savez pourquoi équilibrer est non négociable. En apprenant et pratiquant différentes techniques, vous avez les outils pour compenser efficacement. 

En adoptant de bons réflexes préventifs (ne pas plonger enrhumé, y aller doucement, etc.), vous éviterez la plupart des problèmes courants. Et si malgré tout des difficultés persistent, vous savez qu’il existe des solutions : en parler à un médecin ORL spécialisé plongée (ils peuvent vérifier qu’aucune pathologie ne vous empêche de compenser et vous donner des conseils personnalisés). 

Si vous avez des problèmes récurrents, tournez vous vers une approche globale, et essayez l’ostéopathie crânienne pour remettre de l’ordre dans vos muscles et autres os crâniens souvent à l’origine des dysfonctionnements de la trompe d’eustache. 

En plongée sous-marine, la prudence est mère de sûreté. N’attendez pas qu’un petit souci devienne un gros problème : une gêne qui se répète, des douleurs inhabituelles, des vertiges à répétition – tout cela mérite une attention sérieuse. Mieux vaut annuler une plongée et consulter, plutôt que de forcer et le regretter ensuite.

Rappelez-vous que nos oreilles, bien que robustes, ne bénéficient pas de “pièces de rechange” faciles : il faut les accompagner avec respect.

"Puisse l’Océan vous inspirer une vie d’Aventure et d’Exploration."

FAQ 💬

La douleur aux oreilles vient d’une différence de pression entre l’air de l’oreille moyenne et l’eau environnante. En plongée, la pression extérieure augmente en descendant, ce qui comprime l’air dans l’oreille moyenne et tire le tympan vers l’intérieur.

Si on n’égalise pas ces pressions en envoyant de l’air via la trompe d’Eustache, le tympan est trop étiré et cela fait mal (voire peut se rompre en cas extrême). D’où l’importance de compenser régulièrement pour éviter la douleur et les blessures.

Très souvent, surtout sur les premiers mètres. Idéalement, commencez à compenser avant même de sentir la moindre gêne, puis continuez tous les mètre ou deux mètres de profondeur.

En pratique, beaucoup de plongeurs compensent toutes les  2 ou 3 secondes lors de la descente initiale. Plus vous le faites tôt et fréquemment, moins vous aurez à forcer. N’attendez jamais que la douleur apparaisse : anticipez.

Si une oreille refuse de se déboucher malgré vos manœuvres, ne forcez pas. Remontez légèrement de quelques décimètres pour réduire la pression, essayez de déglutir, bougez la mâchoire, puis retentez une compensation en douceur (Valsalva ou Frenzel). Parfois, il suffit de changer l’inclinaison de la tête ou de patienter quelques secondes.

Si rien n’y fait et que la douleur menace, interrompez la descente et faites surface lentement. Il vaut mieux renoncer pour cette fois que risquer un barotraumatisme. Une fois à bord, vous pourrez essayer de comprendre la cause (nez bouché ? stress ? technique à améliorer ?) et consulter un médecin si nécessaire.

C’est fortement déconseillé. Un rhume congestione les muqueuses du nez et des trompes d’Eustache, ce qui empêche souvent une bonne ventilation de l’oreille moyenne.

Si vos oreilles sont bouchées rien qu’en baillant à la maison, imaginez en plongée… Vous risquez de ne pas pouvoir compenser et de vous blesser. Attendez de retrouver un état normal avant de plonger. 

C’est une blessure due à la pression. Pour l’oreille, le barotraumatisme typique survient à la descente si on n’a pas équilibré : le tympan est lésé (allant de la simple inflammation à la rupture franche). On peut aussi barotraumatiser l’oreille interne en forçant trop fort une manœuvre. Les signes d’un barotraumatisme de l’oreille moyenne : douleur intense, oreille bouchée en remontant, parfois du sang qui s’écoule si le tympan est percé, et une baisse de l’audition. La plupart du temps, ça guérit tout seul en quelques jours/semaines (le tympan se répare en quelques semaines généralement), mais il faut arrêter de plonger entre-temps et surveiller.

Un barotraumatisme de l’oreille interne est plus grave (vertiges, grosse perte auditive) et nécessite une prise en charge urgente. L’idéal, c’est de ne jamais en arriver là en respectant les règles de compensation.

D’après l’expérience des plongeurs qui ont essayé et une l’étude de Florence, oui, elle peut aider dans certains cas. L’ostéopathie crânienne vise à libérer les tensions autour de la trompe d’Eustache et améliorer sa fonction.

Dans l’étude de Florence Houdart, après une séance d’ostéo, les plongeurs ont eu moins de difficultés à compenser. Cela signifie que des manipulations douces du crâne peuvent augmenter la mobilité des structures et faciliter l’équilibrage. 

Dès que vos oreilles vous inquiètent ou vous limitent dans votre plongée. Quelques exemples : si vous avez fait un barotraumatisme (même léger) et que l’oreille reste bouchée plusieurs jours, consultez. Si vous n’arrivez jamais à compenser une oreille malgré la technique et que ça vous empêche de descendre, consultez. Si après une plongée vous avez des vertiges inhabituels, des sifflements (acouphènes) persistants ou une baisse d’audition, consultez en urgence. Un ORL saura évaluer s’il y a un souci médical (otite, bouchon de cérumen, anatomie particulière…) et vous conseiller. Idéalement, consultez un ORL qui connaît bien la plongée : ils sont habitués à ces questions et certains sont plongeurs eux-mêmes. En somme, ne restez pas avec un problème non résolu en espérant que ça passe tout seul si celui-ci vous empêche de plonger sereinement. Votre santé auditive est trop précieuse pour jouer avec.

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Maxime Hiblot

Amoureux de l'Océan.
Moniteur de Plongée, Auteur,
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